Les monuments d'Abydos
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Abydos abrite la dernière demeure
des premiers rois d’Egypte enterrés à l’ouest du grand
temple de Séthi Ier au lieu dit de ‘Umm el-Qaab. En 1898,
Emile Amélineau mis au jour la tombe du roi Djer, troisième
roi de la Ière dynastie. Dans ce tombeau il découvre un lit
funéraire en granit gris surmonté de l’effigie d’un
personnage momiforme coiffé de la couronne blanche et
entouré par cinq rapaces. Le texte légendant le monument est
net, il s’agit de « Osiris-Ounnefer, justifié » ;
c’est dire d’Osiris trépassé. La tombe du roi Djer est donc
devenue celle d’Osiris, sans doute au cours de la Ière
Période Intermédiaire (?). Les traditions ultérieures,
signalent que le corps du dieu, où seulement sa tête, était
préservée en ce lieu. Abydos devient donc un haut lieu de
pèlerinage osirien marqué par le dépôt d’innombrables
offrandes. Quantité de stèles et de statues royales et de
particuliers y ont été découvertes. Parmi la statuaire
originaire de cette « Mecque antique », on peut citer la
petite statuette en ivoire du roi Khéops, unique en son
genre (musée du Caire), ou la splendide statue en granit
gris de Pefnefdinet qui tient devant lui un petit naos
contenant une image d’Osiris, haut fonctionnaire du trésor
sous Amasis (musée du Louvre). Osiris apparaît pour la
première fois dans les textes de la Ve dynastie et absorbe
tout d’abord la divinité de Busiris dans le Delta (un dieu
de la végétation du nom de ’Andjty). Plus tard il supplante
la divinité locale d’Abydos, le dieu chacal Khentamentiou à
une date indéterminée (sans doute au cours du Moyen-Empire).
C’est en ce lieu saint et à l’imitation de ses illustres
prédécesseurs, les rois Sésostris III et Ahmosis Ier, que
Séthi Ier éleva son temple vers 1300 avant J.-C.
Sésostris III avait été le premier à construire un ensemble
temple/cénotaphe portant son nom à Abydos autour de 1870
avant J.-C. L’idée est ensuite reprise par Ahmosis Ier
environ trois cent ans plus tard. Ahmosis Ier ajouta un
édifice intermédiaire original à son complexe funéraire,
situé entre la structure de culte et la tombe symbolique,
une chapelle-mémorial élevée pour sa grand-mère, la reine
Tétishéri. Le complexe funéraire osirien de Sethi Ier,
construit sur une plus grande échelle, s’inscrit dans le
même esprit de s’attirer la protection des rois ancêtres et
du premier d’entre eux : Osiris.
Le temple de Séti Ier était précédé d’un pylône et de deux
cours. Du pylône, il ne reste que quelques assises ; sur le
mur interne du môle sud, dans des niches, on peut observer
les vestiges de colosses osiriaques. Le mur qui sépare les
deux cours, n’est conservé également que sur quelques
assises ; à la base du mur externe (juste derrière les
vestiges de piliers) on distingue deux processions qui
convergent vers la porte centrale ; sur le mur sud (à
gauche) la procession se compose de princes et le mur nord
(à droite) accueille des princesses (au nombre de 29). Les
princesses portent un bandeau de tête qui enserre deux
plumes qui partent en arrière et une fleur leur couvre le
front. Ces enfants royaux sont ceux ce Ramsès II comme
l’indiquent les textes. Le portique de la seconde cour sert
de façade au temple. Sept portes s’ouvraient primitivement
mais la plupart ont été bouchées par Ramsès II, l’espace
comblé ayant été ensuite décoré à nouveau ; le roi explique
qu’il est venu à Abydos pour remplir un devoir filial :
l’achèvement du temple de son père.
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Le cénotaphe de
Séthi Ier |
Les femmes
punies, détail du Livre des Cavernes,
Osireion |
Les bas-reliefs de la première salle hypostyle de ce
complexe osirien nous font revivre plusieurs étapes de
construction du temple dont la scène du pharaon offrant le
Henty, c'est-à-dire le rouleau de papyrus qui contient les
dimensions du terrain et de l’édifice, sous la vigilance des
divinités de l’écriture, Thot et Sechat, omniprésentes dans
la première salle du temple. Au fond du temple, en place du
sanctuaire unique habituel s’ouvrent sept chapelles alignées
les unes aux côtés des autres. Elles sont consacrées aux
grands dieux du panthéon local (Amon, Osiris, Isis, Horus,
Ra-Horakhty, Ptah et Séthi I divinisé). Deux autres
chapelles situées à l’est de cet ensemble sont consacrées à
Néfertoum et à Ptah-Sokar-Osiris. Dans un couloir menant à
la salle des barques divines une liste de rois composée de
76 noms est gravée sur un mur. Les rois-ancêtres figurent
sous la forme de leur nom de couronnement. Séthi Ier
consacre les offrandes à ses prédécesseurs tandis que son
fils tient un papyrus ouvert dans les mains et assure la
lecture des cartouches : le premier d’entre eux est Ménès (Narmer).
Le 20e cartouche voit le début de la IVe dynastie avec
Snéfrou, le 50e le règne de Sésostris III et le 60e celui de
Aménophis III. Il s’agit de listes politiques puisque par
exemple le 61e roi est Horemheb (on supprime d’un trait 4
souverains dont Akhénaton et Toutankhamon !). Une liste
semblable existait dans le temple de Ramsès II à Abydos
(vestiges aujourd’hui au British Muséum) et une autre, avec
47 noms conservés, existe dans la tombe de Tjouroy à Saqqara
mais elle débute curieusement par Anedjib, septième roi de
la Ière dynastie. Dans le couloir menant à l’arrière du
temple, le roi Ramsès II et un de ses fils (primitivement
Sethi Ier et le prince Ramsès II ?) courent après un taureau
sauvage que le roi vient d’attraper au lasso, le jeune
prince saisissant vigoureusement l’animal par la queue ; la
scène est pétillante et tranche sur les compositions plus
statiques des innombrables scènes d’offrandes gravées sur
les murs du temple. L’intérieur du temple révèle des
merveilles de modelé et de coloris puisque ce temple a
conservé ses peintures.
Si le niveau des eaux le permet, nous
visiterons l’Osireion situé à l’arrière et 18 m en contrebas
du temple de Sethi Ier. La majeure partie de cette structure
est sûrement antérieure au Nouvel Empire comme l’indique son
architecture massive composée de piliers carrés en granit
qui rappelle celle de la IVe dynastie à Giza (temple bas de
Khephren). Il est probable que ce monument à la chronologie
incertaine (début de l’Ancien-Empire ?) ait été réutilisé
par Séthi Ier comme cénotaphe (tombeau symbolique). Le
souverain pourrait effectivement lui avoir adjoint la
galerie creusée dans le rocher plus à l’ouest qu’il décore
de peintures et de thèmes (Livre des Portes et Livre des
Cavernes), dans le style de celui des « tombes-couloirs
» de la vallée des rois.
La journée se poursuivra par la visite d’un autre édifice de
type « mémorial », le temple de Ramsès II dédié comme celui
de Séthi Ier au double du roi (« Ka royal »). Bien que les
murs aient perdu leurs assises supérieures, ce monument
construit en beau calcaire conserve les plus gracieux
bas-reliefs de l’époque ramesside relatant divers épisodes
de la fameuse bataille de Qadesh contre les Hittites.
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Séthi I
et son fils encensant et citant les noms des
rois-ancêtres |
Détail des ustensiles de
culte, temple de
Ramsès II |
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Copyright Luc Watrin 2008
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Génie du Nil apportant des
offrandes |
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Forme inhabituelle de Nefertoum
précédant Noun |
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