Tombe de Pétosiris
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Le plus célèbre des sépulcres de
Touna el-Gebel est celui de Pétosiris et de sa
famille. Il a été découvert par un paysan d’Ashmounein
puis fouillé et restauré par Gustave Lefebvre en
1919. Dans la biographie écrite sur la pierre de son
tombeau, Pétosiris explique qu’il est devenu «
administrateur du temple de Thot » à une époque où
« l’Egypte était gouvernée par un roi étranger »
(sans doute durant la Seconde domination perse, vers
340 avant J.-C.). Il déplore l’abandon des temples
d’Hermopolis « il n’y avait plus de temples » et,
tel un souverain, Pétosiris se flatte ensuite
d’avoir relevé leurs ruines et restauré l’économie
et les cultes. Son tombeau est en forme de « temple
miniature » (peut-être reproduisait-il le grand
temple de Thot d’Hermopolis ?). Il se compose d’une
chapelle précédée d’un portique à colonnes et d’un
puits menant au caveau, initialement scellé par des
dalles. Bien que la tombe ait été pillée et
réutilisée à l’époque romaine, un des sarcophages de
Pétosiris, en bois de pin patiné de noir et incrusté
de fins hiéroglyphes en pâte de verre coloré, a été
retrouvé intact et est maintenant conservé au musée
du Caire. Comme dans les temples, les scènes du
tombeau sont gravées en creux à l’extérieur des murs
(bas-relief) et sculptées en relief sur les parois
intérieures (haut-relief). La façade illustre
parfaitement ces conventions avec des scènes gravées
en creux sur les murs-bahuts qui, de chaque côté du
porche d’entrée, montrent Pétosiris devant Thot
représenté alternativement en homme à tête de
babouin puis en homme à tête d’ibis. Les sculptures
en relief débutent sur les murs internes du portique
à colonne (pronaos). Sur un pilastre, on peut
apercevoir Pétosiris jouant au jeu de Senet avec un
proche. Le mur nord est décoré de scènes d’ateliers
(orfèvres, menuisiers, parfumeurs) ; le mur est, à
gauche, de scènes agricoles (labours, arrachage du
lin et récolte des blés) et le mur ouest, à droite,
de représentations vinicoles et d’élevage.
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Sépulcre de Pétosiris en forme de « temple
miniature » |
Eléphanteau au milieu du
cortège (naos, mur est) |
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La chapelle est accessible par une porte. Elle est
de plan quadrangulaire et supportée par quatre
piliers. La travée de gauche (mur est) est dédiée à
Nes-Shou, père de Pétosiris, dont on a représenté
les cérémonies de funérailles. Le soubassement est
décoré d’une procession de porteurs d’offrandes. On
notera qu’un éléphanteau s’est glissé parmi les
caprinés au milieu du cortège. La travée de droite
(mur ouest) est dédiée à Djed-djehoutifankh, frère
aîné de Pétosiris. Avant d’être conduit par les
dieux à Osiris, Djed-djehoutifankh se présente
successivement devant de nombreuses divinités de la
Douat. Il honore tout d’abord neuf cynocéphales qui
sont les « dieux qui chantent en l’honneur de Ra
lorsqu’il entre dans la Douat ». Puis douze
divinités féminines qui représentent les « Heures »
désignées comme celles « qui accompagnent le grand
Dieu » ; elles ont des patronymes marqués par
l’agressivité (la première en haut à droite est
Dendenit, « l’enragée »), qui signalent qu’elles
sont chargées de protéger le dieu Ra de ses
adversaires. Viennent ensuite neuf cobras lovés qui
« illuminent les ténèbres de la Douat ». Le
quatrième tableau alterne quatre vaches à pis sur
des potences (et non pas des « taureaux » comme on
le lit trop souvent dans la littérature par exemple
dans N. Cherpion et al., Le tombeau de Pétosiris,
2007, p. 108, IFAO 951) et quatre personnages
momiformes, peut-être conduits par une neuvième
entité : un individu dont il ne reste plus que les
jambes et la partie basse d’un sceptre. Selon les
textes, cette cohorte de dieux est chargée d’une
mission spéciale, celle de « dissimuler Osiris ». On
retrouve à droite du mur du fond (paroi sud), Djed-djehoutifankh
qui honore une nouvelle fois neuf divinités ; il
s’agit cette fois d’entités masculines en prière,
qui selon les textes sont les « dieux qui adorent
les seigneurs de l’Ennéade ». Sur la partie médiane
du mur du fond (paroi sud) les déesses Nekhbet et
Ouadjet protègent de leurs ailes le soleil
renaissant (Khéphri) qui tire un serekh. La scène se
situe devant le puits funéraire (axe de sortie du
défunt).
Le mélange d’influences perse, grecque et
égyptienne, l’originalité des scènes, les attitudes,
les costumes et des couleurs douces sur une toile de
fond bleu pâle font du tombeau de Pétosiris un
monument splendide, unique et exceptionnel.
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| Foulage
des raisins (pronaos, mur ouest) |
La
déesse vautour Nekhbet (naos, mur sud) |
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Douamoutef apportant l’âme de Nes-Shou
(naos, mur est) |
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La momie de Nes-Shou honorée
devant son tombeau (naos, mur est) |
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