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Tombe de Sennedjem (TT1)


 

 

Cette tombe familiale, qui comptait vingt corps au moment de la découverte, est l’une des rares retrouvée inviolée à Deir el-Medineh, avec celle de l’architecte Khâ. Une porte en bois peinte fermait le tombeau ; son décor montre Sennedjem et son épouse jouant au jeu de Senet (musée du Caire). En entrant dans le caveau, on aperçoit deux rapaces qui semblent veiller sur la momie de Sennedjem déposée sur un lit. Les symboles placés sur la tête des milans montrent qu’il s’agit d’Isis et de Nephtys. Le texte rappelle que ces deux divinités sont là pour « protéger l’Osiris Sennedjem ». Une autre scène montre à nouveau la momie de Sennedjem, cette fois-ci avec les mains d’Anubis posées sur la poitrine : le dieu semble vitaliser le défunt par simple imposition des mains comme le ferait un magnétiseur.

 

Barque solaire franchissant le couchant Sennejdem adorant le disque lunaire
 

Sur le mur Est, sous le regard de deux babouins aux bras levés, la barque solaire s’engage dans l’horizon occidental sur lequel s’est posé une hirondelle, sentinelle de la barque solaire. La divinité à tête de rapace placée dans la barque se nomme « Ra, Atoum le seigneur des deux terres Khépri ». Elle réunit donc en une seule personne les trois aspects du démiurge (zénith, couchant, levant). En dessous nous retrouvons le couple de défunts qui s’apprête à entrer aux « domaines de Ialou ». Dans un monde ceint par les eaux, les deux personnages honorent tout d’abord les dieux Ra, Osiris et Ptah. On découvre ensuite un des fils du défunt dans une barque à la rame effacée. Puis, un autre fils de Sennedjem redonne magiquement à son père ses fonctions vitales en brandissant une herminette sous ses narines. Le texte ne peut être plus explicite : « Sennedjem, ta bouche est ouverte ». Les registres intermédiaires relatent la moisson des blés à la faucille, l’arrachage du lin puis les labours. Dans le registre inférieur un monde aux antipodes du désert sec de Deir el-Medineh est figuré : arbres lourdement chargés de fruits (palmiers doum, dattiers) et fleurs innombrables (dont des fleurs de pavot). Sur le mur ouest, Sennedjem et son épouse rendent hommage à Osiris, à Ra et leur suite, représentés sur deux rangs distincts sur un strict pied d’égalité. Sur le plafond, on découvre huit tableaux : l’un d’entre eux met en scène Sennedjem adorant le disque lunaire se détachant sur une voûte bleue étoilée en présence de génies de la nuit. Un autre tableau figure deux battants de porte situés entre les emblèmes du ciel et de la terre : il s’agit des deux passages oriental et occidental situés entre le monde souterrain et céleste. Sennedjem porte la barbe des vivants et s’apprête à quitter le monde inférieur par la porte de l’Est, pour renaître à nouveau, pour « revoir le jour ».

 

Copyright Luc Watrin 2008

 

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Déesse sylvicole présentant des offrandes

 

 

Sennedjem devant le vantail de l'est

 

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