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Gouverneur de Thèbes et
superintendant des jardins et des vergers d’Amon sous
Aménophis II, Sennefer dispose d’un tombeau perché haut dans
la montagne. Cette situation semble confirmer la
stratification sociale verticale de la nécropole à la XVIIIe
dynastie. L’opulence de Sennefer est confirmée par une
statue familiale découverte à Karnak qui représente Sennefer
avec de l’embonpoint et un lourd collier d’or à trois rangs
(musée du Caire). On dispose d’autres informations sur ce
personnage dont une lettre (un papyrus) rédigée de sa main
adressée à un fermier de la région de la grande boucle du
Nil lui ordonnant de préparer des fleurs et « 5000 planches
de bois ». Le décor de l’antichambre débute par l’arrivée
des serviteurs apportant les affaires personnelles du défunt
: colliers, oushebtis, masque, sandales, etc. La majeure
partie du plafond est peint d’une impressionnante treille de
vignes aux lourdes grappes de raisins noirs dans laquelle se
dissimule la déesse vautour Nekhbet. Dans l’angle nord-ouest
du tombeau le pèlerinage à Abydos est évoqué tout d’abord
(registre supérieur) par la barque des défunts tirée par une
autre dans laquelle ont pris place des rameurs (on vogue
vers Abydos) ; au registre inférieur, le bateau-remorqueur
vogue dans l’autre sens et a déployé sa voile (les rameurs
ne suffisent plus car on est à contre-courant) : il s’agit
du retour vers Thèbes. La chambre funéraire
dispose de quatre piliers dont chaque face met en scène une
jeune femme du nom de Meryt, qui dispense des offrandes
variées à Sennefer. Sur l’un des piliers, un arbre sert de
toile fond à Sennefer assis sur son siège, mais la
disposition des branches en arc autour de son corps semble
évoquer un Osiris végétant voire un rayonnement,
le feuillage étant assimilé à une énergie de régénérescence. Sur l’une des
parois, Sennefer et son épouse reçoivent une eau
purificatrice d’un prêtre ; de manière curieuse l’une des
deux amulettes de cœur du défunt porte, en place du nom du
roi régnant, celui beaucoup plus tardif d’Alexandre : un
rajout postérieur. A gauche de la porte d’accès à la chambre
funéraire, Sennefer, un bâton à la main, s’apprête à «
sortir de terre pour voir le soleil dans sa course
quotidienne ». Un guéridon garni d’un bouquet de lotus
(symbole de renaissance) au-dessus de l'accès au tombeau suggère cet
intense souhait de revivre du défunt, tout comme les
terminaisons de la treille du plafond qui pointent vers la
sortie.
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