GREPAL Groupe de Recherche Européen Pour l'Archéologie au Levant

  Groupe de Recherche Européen Pour l'Archéologie au Levant                          ENGLISH

 

 
 

Tombe de Taousert (KV14)


 

La reine Taousert vécue à la fin de la XIXe dynastie, vers 1200 avant J.-C. Elle fut la grande épouse du roi Sethi II. A sa mort elle assure la régence du jeune roi Siptah, né d’une épouse secondaire, puis lui succède. Son tombeau est profond de 112m. Il s’agit en réalité d’une tombe-double destinée à deux souverains, Taousert et Sethnakht (fondateur de la XXe dynastie) qui dispose chacun d’une salle à sarcophage.

 

Le tombeau présente une succession de petites salles-corridors décorées d’images de la reine et du roi Siptah se présentant aux dieux (le roi et la régente donnent ensemble par exemple une offrande à Geb, dieu de la terre). Ce corridor mène à une grande salle rectangulaire à huit piliers reposant sur des banquettes dont la décoration est somptueuse. Sur les piliers figurent les grand dieux du panthéon (Horus, Osiris, Anubis, Geb, Ra-Horakhty…). Cette grande salle – qui primitivement devait être la salle du sarcophage de la reine –  est voutée et orné d’un plafond astronomique. Les deux parois latérales sont émouvantes car elles illustrent des épisodes de résurrection divine. La paroi de gauche évoque un passage du « Livre de la Terre », mettant en scène la momie couchée de l’Osiris-royal (registre du haut) puis sa renaissance après le passage de la barque solaire (registre du milieu), comme le montre l’image de la momie redressée devenue ithyphallique (registre du bas). La paroi de droite est ornée du dernier épisode du « Livre des Cavernes ». Au registre inférieur, le soleil, sous la forme d’un homme criocéphale, se tient dans une barque qui jaillit d’une colline dont les extrémités sont coiffées d’une tête humaine (il s’agit des dieux Akerou, divinités de la terre primitive dont les deux têtes symbolisent l’entrée et la sortie du monde souterrain). L’espace central  est occupé par une large représentation du soleil cette fois sous la forme d’un oiseau à tête de bélier aux ailes déployées.

 

Le dieu Geb, seigneur de l’éternité

Le soleil sous une forme aviaire à tête de bélier

 

Le registre supérieur est plus complexe. Il est délimité par deux triangles rectangles entre lesquels le soleil levant (Khépri) s’élève par un étroit passage. Les triangles (réminiscences évidentes de la pyramide) sont divisés en trois zones distinctes. Dans la partie inférieure la tête d’un individu est enterré sous une butte noirâtre; dans la partie médiane une ligne d’eau ondulée est dessinée (le Nil souterrain/Noun) ; la partie sommitale est teinte de noir (la nuit). Le soleil traverse ces différentes sections dans un mouvement ascensionnel sous la forme d’un scarabée poussant le disque solaire vers l’horizon oriental. A l’aube, deux bras, sans doute ceux de la déesse du ciel Nout, se tendent pour aider à l’accouchement solaire. On note aussi qu’un jeune enfant se tient derrière les pattes du scarabée. Ce tableau dramatique est une représentation intellectualisée dans lequel le pharaon (ici sous la forme d’un jeune enfant), avide de renaître et de « revoir le jour », tente de quitter le monde des morts dans le sillage de l’astre.

 

Les autres parois de la chambre funéraire  renvoient à ce séjour nocturne du soleil. Au passage de chaque porte, le soleil fait une halte pour récompenser les fortunés et punir les fautifs. L’une de ces étapes qui illustre un passage du « Livre des Portes » est dépeint sur le mur nord-est de la salle du sarcophage (ici la neuvième heure). Au registre supérieur une file d’oiseaux Ba les bras levés se pressent devant un support garni de pains : il s’agit de l’alimentation des âmes des défunts. Le registre central montre des hommes sur le dos placés dans un bassin remplit d’eau ; il s’agit des « flottants » devant être rafraichis par les eaux du Noun pour renaitre.  Au registre inférieur un serpent crache son venin sur un groupe d’hommes dont les mains sont liées dans le dos : il s’agit de la punition des fautifs.

 

La tombe se prolonge ensuite vers une deuxième grande salle rectangulaire identique à la première. Il s’agit d’un agrandissement réalisé dans la tombe de Taousert par le pharaon Sethnakht pour son propre usage funéraire. Son sarcophage en granit avec l’image du roi en Osiris sculpté sur le couvercle est toujours en place. 

 

Copyright Luc Watrin 2008

 

Toute utilisation des textes et illustrations sans autorisation écrite préalable est passible de poursuites judiciaires.

 

 
Osiris ithyphallique s’apprêtant à renaître

 

 

Horus, fils d'Isis
 

© 2009 GREPAL. Tous droits réservés (sauf mention contraire).