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La dernière demeure de ce grand conquérant de la
XVIIIe dynastie, qui vécu autour de 1450 avant
J.-C., se trouve cachée dans une cavité tout en haut
de la montagne. Elle est profonde de 76m et comporte
plusieurs changements d’axe. Elle fut découverte par
les ouvriers de Victor Loret en 1898. L’entrée se
trouve à une dizaine de mètres au dessus du sol de
la vallée, accessible par une échelle de fer. Un
couloir en pente mène à un puits que l’on franchit
par une passerelle. On débouche ensuite sur une
salle de plan rectangulaire soutenue par deux
piliers quadrangulaires. Les murs sont décorés de
nombreuses divinités de la Douat, anthropoïdes,
animales ou marquées par des symboles au nombre de
741. Une ouverture dans un des angles du sol de
cette pièce permet d’accéder à une élégante salle du
sarcophage de plan ovale d’environ quinze mètres sur
neuf soutenue par deux piliers quadrangulaires. Le
plafond est décoré d’un ciel bleu constellé
d’étoiles. Les parois sont décorées de figures
tracées au trait et de textes consignés de manière
cursive en noir et rouge sur un fond gris, comme si
un gigantesque papyrus avait été appliqué sur les
murs. Quatre chapelles rayonnantes s’ouvrent sur les
flancs de la salle du sarcophage. Dans la première
pièce à droite, des statues en bois étaient
entreposées incluant des images de léopards. Dans la
deuxième pièce à droite se trouvait un squelette
complet de bovin. Dans une autre (seconde pièce à
gauche) deux cercueils de bois étaient déposés. Au
fond de la tombe on découvre le sarcophage en grès
coloré (imitant le quartzite) qui repose sur un
socle d’albâtre.
Les murs de la chambre funéraire sont ornés sur
trois registres des scènes du « Livre de l’Am-Douat ».
L’intégralité du livre est représenté. Il s’agit du
plus ancien ouvrage funéraire du Nouvel-Empire, qui
constitue le décor des caveaux jusqu’à l’époque
amarnienne (à l’époque ramesside d’autres livres
seront aussi employés). Il est une sorte de « guide
du monde souterrain », qui détaille le parcours de
la barque solaire à travers les territoires des
douze heures de la nuit. Seuls les pharaons peuvent
disposer de ce livre (une exception a cependant été
faite pour le vizir Ouseramon dans la tombe TT61, un
contemporain du roi Thoutmosis III). Sur les deux
piliers de la chambre sont aussi reproduits des
passages des « Litanies de Rê ». Il s’agit
d’invocations au soleil sous la forme de 75
divinités aux noms et aspects variables qui sont des
formes du dieu Ra. Sur un autre pilier est peinte
une scène fameuse du roi s’allaitant au sein d’une
divinité sylvicole qui est ici « sa mère Isis ».
Juste derrière cette scène, défile la famille du
souverain. Elle est composée du roi qui tient une
massue et un bâton, suivi de deux femmes portant le
titre d’épouses royales avec leurs noms dans un
cartouche (Meritra et Sitiah). Derrières elles, deux
autres femmes se présentent, une épouse secondaire (Nebtou)
et une fille du roi (Nefertiry). Les textes
précisent que deux des quatre femmes sont
« vivantes » et les deux autres « défuntes ». Juste
au dessus, deux porte-enseignes précèdent la barque
royale dans laquelle ont pris place le roi et la
reine-mère Isis (bien connue par une splendide
statue en granit noir conservée au musée du Caire).
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